J’arrive à jeun au laboratoire d’analyses médicales Wittersheim et je me heurte à l’accueil automatisé. J’interpelle le personnel d’accueil: « S’il vous plaît madame, je ne sais pas comment ça marche ? » On me réponds d’un ton condescendant : « Vous n’avez qu’à lire! » Je rétorque que suis à jeun et que j’ai des difficultés de concentration. Elle s’approche et me dit d’appuyer sur un bouton (en fait c’est tactile, ce que je fais remarquer). Du à ma dyslexie en ébullition, je me trompe de bouton, ce qui a pour effet de l’agacer fortement, le ton est glacial. Je m’insurge, sors de mes gonds: » Vous pourriez parler plus gentiment, on se croirait au goulag, comment font les gens qui ne savent pas lire, ne parle pas le français ou qui, comme moi, sont dyslexiques ? » Pas de réponse, attitude méprisante. Je finis par obtenir mon ticket de file et l’attente commence. Quinze minutes plus tard mon N° est affiché, je me rends au guichet qui m’est indiqué ou je suis accueillie par une dame que je connais comme étant à cette place depuis des années (ma première interlocutrice est juste à côté) je m’exprime: « Ah, enfin quelqu’un de sympathique! » à l’adresse directe de mon accueillante hôtesse, et indirecte de l’acariâtre. L’hôtesse me dit: « Mais madame Basley, ce n’est la première fois que vous venez. Vous ne connaissez pas l’appareil ? » Je réponds: » Non, c’est la première fois que je vois cette machine ». Nous remplissons les formalités d’usage et je repars en salle d’attente ou quelques personnes commentent positivement mon attitude: « Vous avez bien raison de le dire madame, il ne faut pas se laisser marcher sur les pieds. », »Ici c’est le bazar. », »Ça marche pas pour les rendez-vous. » etc…
Pendant ce temps l’acariâtre réponds au téléphone: « C’est pas le moment, je ne peux pas répondre à ça, je n’ai pas le temps, rappelez plus tard ». Sa bonne humeur perdure…
Quarante minutes plus tard l’infirmier procède magistralement au prélèvement, je suis soulagée ravie que ce se soit bien passé. Après un petit café reconstituant je sors en croisant l’acariâtre enfin souriante que je snobe du haut de mes 1m53, sans un mot, sans un au-revoir et je laisse ça derrière moi, mais j’ai eu besoin de partager ce moment de torture sociale. Merci pour l’écoute. Bonne journée tout le monde. Peace n’ love en écoutant Julian Marley (tel père tel fils).
Joëlle (propos recueillis et mis en forme par Philippe son époux)
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